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    L’interceps va passer sous le rang et effectuer un sarclage.

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Accueil du site / Moments choisis... / Une conversion enthousiaste ... vers le BIO !

- 8° sous le zéro ce jour de février... vite compensés par la chaleur de l’accueil et l’enthousiasme d’Anna et Jean-Claude Brelière ! Je leur rends visite, interpellé par la pancarte "EN CONVERSION BIO" à l’entrée du domaine.

- Anna et Jean-Claude me précisent que cette conversion vers le bio en est à sa phase finale. En effet , depuis plusieurs années, Jean-Claude et son épouse ont ressenti la nécessité de changer radicalement quelque chose dans leur travail de vigneron.
- Lorsque René Brelière et son épouse Edmée créèrent l’exploitation en 1948 en plantant leur première parcelle en chardonnay (les Margotés 1er cru), la question de la méthode " bio" par rapport à la méthode "conventionnelle" ne se posait pas... on faisait du bio sans le savoir !
- Avec l’arrivée des normes, les techniciens ont fait leur apparition dans le travail des vignerons : proposant des méthodes, des produits, des outils, permettant de gagner beaucoup de temps de main d’oeuvre tout en garantissant la production, la viticulture des techniciens s’est vite imposée. Avant, explique Anna, on travaillait suivant la trésorerie, la météo... on était dépendant de facteurs extérieurs... il n’y avait aucune sécurité... Mais alors pourquoi ce passage à une viticulture bio si les méthodes conventionnelles apportent tant d’avantages ? Déjà, la dangerosité des produits utilisés, leur nocivité... répond Anna. Jean-Claude ajoute un point essentiel : avec le conventionnel, on a eu l’impression de perdre peu à peu le contrôle de notre travail : le technicien arrive, il nous dit qu’il faut faire ça, ajouter ça à tel moment... toute une routine très technique qui nous a amenés peu à peu à nous questionner : pourquoi tel intrant, quelle est sa composition exacte ? N’y a t-il pas des alternatives ? Comment reprendre la main, revenir à une viticulture plus proche de la nature et des gens ?
- Depuis 2006 Anna et Jean-Claude on commencé à investir dans du matériel onéreux, pour commencer à changer quelque chose : substituer du travail aux intrants : labourer, tondre...
- De la difficulté et de l’avantage à transiter vers le bio : les investissements en matériels à faire sont importants, pour le labour , la tonte. Heureusement, dès 2006, les premiers investissements en matériels ont été réalisés pour préparer la transition. Le risque pour la production est

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Griffes
La façon bio nécessite des outils courants, et des outils spécifiques...

important : on n’a droit qu’à deux produits : le soufre pour l’oïdium et le cuivre pour le mildiou. Et ces produits sont beaucoup plus sensibles au lessivage de la pluie que ceux utilisés en conventionnel qui pénètrent dans la plante à long terme. Globalement, le surcoût va représenter 30%, qu’on ne pourra pas répercuter sur le prix de la bouteille.

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Interceps
L’interceps va passer sous le rang et effectuer un sarclage.

- Il y a également un frein psychologique : c’est très déstabilisant au début, explique Anna : on ne sait pas où on va, si la production sera assurée... on regarde la vigne en permanence, on s’inquiète... Et c’est bien là l’intérêt complète Jean-Claude : en peu de temps, on s’est rapproché de la plante ; on est redevenus plus attentifs aux manifestations naturelles, comme autant d’indices de la bonne santé du raisin parfois ignorés en conventionnel...On se réapproprie la vigne, on

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Charrue à disques
Charrue à disques, pour casser la croûte de terre durcie, désherber

contrôle mieux notre production. La plante commence déjà à développer ses propres défenses. On voit faune et flore revenir dans la vigne très rapidement ! C’est très agréable et motivant pour tout le monde, et tellement meilleur pour la santé des salariés. Et la qualité du vin s’en ressent. Car le but final, bien entendu, c’est d’améliorer encore la qualité !
- Après trois années de production bio, le domaine pourra demander la certification par l’organisme Ecocert. Pour le moment, seule la production est bio, pas le vin en lui-même. Il n’ y a pas encore d’accord au niveau européen sur ce sujet.
- D’ici à 2020, 20 % de la surface cultivée française devrait être bio, selon les accords du Grenelle de l’Environnement. Anna et Jean-Claude Brelière, ainsi que d’autres vignerons de Rully, auront été des précurseurs.

ps:

Logo bio européen - Quelques jours après ma visite, Jean-Claude et Anna Brelière me signalent qu’un accord au niveau européen vient d’être signé : c’est désormais tout le processus qui pourra porter la mention "BIO", depuis Logo AB la culture du raisin jusqu’au vin , au terme du processus de vinification. Un vin 100% bio, pas seulement "issu de l’agriculture biologique". Un cahier des charges strict a été rédigé. Applicable progressivement à partir du 1er août 2012, et donc pour les vendanges 2012 !

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